Dimanche, 21 février 1999
LE TEMPS DES DELICES (SUITE ET FIN)
Arrêté dans l’ivresse de l’écriture par les contingences terrestres les plus basses, et n’ayant pratiquement pas le temps de m’isoler pour continuer cette intéressante histoire, il m’a fallu attendre le havre de paix providentiel d’aujourd’hui pour pouvoir rajouter ces quelques lignes.
En Inde, il n’existe pas de label «qualité », d’après eux tout est bien, très bien même, et incontestablement ce qui se fait de mieux en Asie, sinon dans le monde ; on ne peut se fier ni aux étoiles dans les hôtels, étoiles qui ne doivent servir qu’à la décoration de leurs enseignes, ni aux appellations pompeuses de Palace ou de Palais, ni aux services proposés comme «piscine » dont il n’existe que le bassin vide et sale, les routes «nationales » devenant brusquement, dans la traversée d’un village, une piste pour raid 4x4, les limousines avec chauffeur pompeusement appelées «ambassador » n’étant en fait que des répliques façon Inde de l’ancienne Peugeot 204 des années 50, ne dépassant guère le 80 kms/h sur route plate et dégagée, la cuisine «continentale » ou «européenne » étant un curieux mélange de recettes par ouï-dire et de sauce façon indo-franco-italo-russo-anglaise.
Là, je suis très méchant, parce que l’Inde, heureusement, ce n’est pas «que » cela, c’est aussi, par exemple, ce joli «relax » écrit sur tous les feux rouges des croisements et qui manque chez nous, cet empressement chez beaucoup à vouloir faire bien ou trop bien, et qui devient risible de ridicule, même chez les responsables de haut niveau. Les Indiens sont très intelligents, mais l’éducation que leur ont infligée les Anglais, a du les bloquer face aux occidentaux, et autant ils doivent être durs entre eux, autant ils paraissent désarmés face à nos demandes les plus simples. C’est en tout cas ce que je ressens, et je ne me sens certainement pas comme un explorateur qui découvre ses premiers «sauvages ».
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Marie et moi rions souvent de tout et de rien en Inde, et cela vaut déjà le déplacement. Mais en plus, il y a une richesse de monuments, de «vrais » palais, de temples et de ville à voir et à visiter, de véritables merveilles à admirer et quelquefois de superbes paysages, ces derniers, toutefois, étant plus rares pour nous qui avons visité les plus beaux paysages du Vietnam et des Philippines.
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Marie et moi rions souvent de tout et de rien en Inde, et cela vaut déjà le déplacement. Mais en plus, il y a une richesse de monuments, de «vrais » palais, de temples et de ville à voir et à visiter, de véritables merveilles à admirer et quelquefois de superbes paysages, ces derniers, toutefois, étant plus rares pour nous qui avons visité les plus beaux paysages du Vietnam et des Philippines.
Que dire de Dehli ? Une belle grande ville avec plus de dix millions d’habitants répartis sur une grande distance, car les grands immeubles et les tours sont inexistants. Nous avons évidemment fait le «City Tour », mais pas en groupe car nous avons horreur de cela. Nous sommes individualistes et isolationnistes, ce qui n’est pas toujours recommandé pour se créer des contacts lorsque nous voyageons, mais qui nous permet d’être imperméable aux attaques extérieures sur notre vie de couple ou imperméables aux choses qui dérangent.
Oui, nous avons vu de belles choses à Dehli, entre autre le Jama Masjid, la grande mosquée du Old Dehli, le Tombeau de Humayun, qui laisse déjà présager de ce que sera le Taj Mahal, et surtout le complexe du Qutab Minar, à une quinzaine de kilomètres, qui est une merveille d’architecture et de finesse. La voie Royale, le «rajpath », et tout le complexe des bâtiments gouvernementaux, y compris le parlement ou congrès qui l’entoure et dont ils sont si fiers, avec leurs «champs-elysées » et leur «arc de Triomphe », tout cela est très vaste, très imposant, on peut même dire beau pour l’ensemble si on ne regarde pas les détails et le laisser-aller des ministères. Amusant le temple kitsch appelé le Birla Mandir, inintéressant le Fort Rouge, émouvant le «raj Ghat » ou le Mahatma Gandhi a été incinéré après son assassinat.
Partout en Inde, et tout spécialement à Dehli, les hôtels sont très chers par rapport à leur niveau. Aucun bon rapport qualité-prix, et encore, même pas de vraie qualité dans la plupart des hôtels y compris moyens et supérieurs. Quant aux «grands » palaces des «grandes » chaînes, ils sont inabordables financièrement et ne semblent pas spécialement attrayants ; la plupart du temps, la nourriture y est chère et banale.

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