samedi 26 juillet 2008

BANGKOK TAMBOUILLE (Suite N°5)

BANGKOK TAMBOUILLE ou Le Journal de Route de la Passion

Dimanche, 21 février 1999

LE TEMPS DES DELICES (SUITE ET FIN)

Arrêté dans l’ivresse de l’écriture par les contingences terrestres les plus basses, et n’ayant pratiquement pas le temps de m’isoler pour continuer cette intéressante histoire, il m’a fallu attendre le havre de paix providentiel d’aujourd’hui pour pouvoir rajouter ces quelques lignes.
En Inde, il n’existe pas de label «qualité », d’après eux tout est bien, très bien même, et incontestablement ce qui se fait de mieux en Asie, sinon dans le monde ; on ne peut se fier ni aux étoiles dans les hôtels, étoiles qui ne doivent servir qu’à la décoration de leurs enseignes, ni aux appellations pompeuses de Palace ou de Palais, ni aux services proposés comme «piscine » dont il n’existe que le bassin vide et sale, les routes «nationales » devenant brusquement, dans la traversée d’un village, une piste pour raid 4x4, les limousines avec chauffeur pompeusement appelées «ambassador » n’étant en fait que des répliques façon Inde de l’ancienne Peugeot 204 des années 50, ne dépassant guère le 80 kms/h sur route plate et dégagée, la cuisine «continentale » ou «européenne » étant un curieux mélange de recettes par ouï-dire et de sauce façon indo-franco-italo-russo-anglaise.
Là, je suis très méchant, parce que l’Inde, heureusement, ce n’est pas «que » cela, c’est aussi, par exemple, ce joli «relax » écrit sur tous les feux rouges des croisements et qui manque chez nous, cet empressement chez beaucoup à vouloir faire bien ou trop bien, et qui devient risible de ridicule, même chez les responsables de haut niveau. Les Indiens sont très intelligents, mais l’éducation que leur ont infligée les Anglais, a du les bloquer face aux occidentaux, et autant ils doivent être durs entre eux, autant ils paraissent désarmés face à nos demandes les plus simples. C’est en tout cas ce que je ressens, et je ne me sens certainement pas comme un explorateur qui découvre ses premiers «sauvages ».
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Marie et moi rions souvent de tout et de rien en Inde, et cela vaut déjà le déplacement. Mais en plus, il y a une richesse de monuments, de «vrais » palais, de temples et de ville à voir et à visiter, de véritables merveilles à admirer et quelquefois de superbes paysages, ces derniers, toutefois, étant plus rares pour nous qui avons visité les plus beaux paysages du Vietnam et des Philippines.
Que dire de Dehli ? Une belle grande ville avec plus de dix millions d’habitants répartis sur une grande distance, car les grands immeubles et les tours sont inexistants. Nous avons évidemment fait le «City Tour », mais pas en groupe car nous avons horreur de cela. Nous sommes individualistes et isolationnistes, ce qui n’est pas toujours recommandé pour se créer des contacts lorsque nous voyageons, mais qui nous permet d’être imperméable aux attaques extérieures sur notre vie de couple ou imperméables aux choses qui dérangent.
Oui, nous avons vu de belles choses à Dehli, entre autre le Jama Masjid, la grande mosquée du Old Dehli, le Tombeau de Humayun, qui laisse déjà présager de ce que sera le Taj Mahal, et surtout le complexe du Qutab Minar, à une quinzaine de kilomètres, qui est une merveille d’architecture et de finesse. La voie Royale, le «rajpath », et tout le complexe des bâtiments gouvernementaux, y compris le parlement ou congrès qui l’entoure et dont ils sont si fiers, avec leurs «champs-elysées » et leur «arc de Triomphe », tout cela est très vaste, très imposant, on peut même dire beau pour l’ensemble si on ne regarde pas les détails et le laisser-aller des ministères. Amusant le temple kitsch appelé le Birla Mandir, inintéressant le Fort Rouge, émouvant le «raj Ghat » ou le Mahatma Gandhi a été incinéré après son assassinat.
Partout en Inde, et tout spécialement à Dehli, les hôtels sont très chers par rapport à leur niveau. Aucun bon rapport qualité-prix, et encore, même pas de vraie qualité dans la plupart des hôtels y compris moyens et supérieurs. Quant aux «grands » palaces des «grandes » chaînes, ils sont inabordables financièrement et ne semblent pas spécialement attrayants ; la plupart du temps, la nourriture y est chère et banale.

mardi 22 juillet 2008

BANGKOK TAMBOUILLE (Suite N°4)

Je vais donc continuer mon voyage et vous donner, en espérant que vous apprécierez, un nouveau chapitre au titre:

BANGKOK TAMBOUILLE ou Le Journal de Route de la Passion


Mardi, 16 février 1999

LE TEMPS DES DELICES.

Pourquoi les délices ? Certainement pour pouvoir faire un jeu de mots style «dehli’s folies », aussi parce que cela rime avec épices et pisse, les deux odeurs étant vraiment confondues dans les odeurs indiennes. Et aussi vraisemblablement parce que rien, mais absolument rien n’est «délices » dans la vie ici.
Nous avions quitté Varanasi en étant persuadés de retourner à la civilisation dans Dehli la capitale, et nous nous sommes mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude ; nous nous étions dit : Calcutta étant sensé être l’enfer, nous n’avons donc plus rien à craindre ; erreur monumentale, car ce n’est qu’à partir de là que nous avons commencé à découvrir l’Inde. Après notre chance Calcuttéenne et notre vision «touristique » de l’ex-Bénares, nous avons plongé dans la vie indienne de tous les jours.
L’Inde est un pays sale, vraiment sale, indéfinissablement sale, indécrottablement sale, mais absolument naturellement sale. Ce n’est pas un hasard, un concours de circonstances, un oubli passager ; NON ! C’est dans la mentalité basique de l’Inde, dans le caractère et la culture de ses habitants, ce n’est pas volontaire mais c’est le laisser-aller qui se trouve à l’intérieur de chaque individu ici.
Les résultats immédiats, perceptibles et visuels pour nous, pauvres touristes mécréants, barbares et ignorants de la véritable culture millénaire de ce grand pays,
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ce sont les draps pas nets et même tachés, les serviettes de toilettes qui sentent l’eau croupie, les salles de bain qui sont loin d’être propres, même dans les hôtels de luxe, les odeurs de pisse et de merde à peu près partout, les prises de courant qui ne marchent pas, le téléphone qui ne marche pas, les meubles bancals, la poussière nettoyée à peu près, les rideaux troués et mal accrochés, le siège des toilettes qui ne tient pas, la télévision qui n’est pas réglée, les nappes tachées, le linge donné à laver revenu taché, les jardins beaux mais mal entretenus, les statuettes placées en décoration dont le relief est accentué par la poussière, les rues défoncées, les trous dans les trottoirs, les objets les plus hétéroclites qui traînent sur la chaussée et ne sont jamais enlevés, les vêtements des serveurs, des guides, des gardes qui ne sont jamais impeccables, souvent mal coupés, mal portés, troués, les voitures bancales dont les compteurs marchent rarement, les toilettes sans papier, et je pourrais en citer mille autres.
Heureusement, il n’y a pas que ce côté-là en Inde sinon autant ne pas y aller ; il y a tout d’abord le côté farfelu, je dirais presque hilarant des indiens, leurs contradictions, leurs réactions, leur manière de prendre les choses, leur humour, l’impression qu’ils donnent de la culture anglaise mal comprise, mal assimilée et mal employée, le côtoiement du réalisme et de l’invraisemblable, du nouveau et de l’ancien, des progrès technologiques dans un cadre anachronique, de l’impression de rapidité et d’empressement dans les rues alors que rien ne se fait vite ici, l’insouciance dans le présent par rapport à ce qui les entoure, c’est-à-dire le Karma !
Ici, tout à cours : la merde que l’on jette sur votre chaussure pour, dans la même seconde, vous demander de la nettoyer moyennant Roupies, les chauffeurs de moto-rickshaw menteurs, qui vous racontent ne pas pouvoir vous emmener à tel endroit pour cause de manifestation, mais vous offrent de vous accompagner à un magasin de leur connaissance ou vous aurez droit à des prix «exceptionnels » (4 fois plus cher qu’ailleurs) et eux à leur commission. Car ici tous marchent à la commission ; exemple : nous voulons faire réparer quelque chose, nous allons dans un magasin spécialisé pour cette réparation, celui-ci, sans nous dire qu’il ne sait pas la faire, transmet à un autre magasin et prend une commission au passage ; si cela se trouve l’autre magasin fait de même, et la chaîne de «commissionnés » augmente, et pour finir, il faudra payer trois fois plus cher (histoire véridique !).
Il est clair que tout ceci est valable pour toute l’Asie aussi, mais je ne crois pas qu’il soit possible de trouver ailleurs une manière aussi évidente et claire, sans se donner la peine de dissimuler, de se faire entuber.
Les gens t’abordent pour te vendre une bricole ou pour mendier ou pour t’accompagner à un «tourism Information » bidon ou bien, pour un rickshaw ou un taxi, ils te suivent aussi longtemps qu’il le faut, mais n’insistent pas trop si tu n’es pas d’accord. Le charmeur de serpent sort tout son matériel quant il te voit arriver, y compris le panier dans lequel se trouvent des petits cobras inoffensifs, qui montrent péniblement leur tête lorsqu’il joue de la flûte «enchantée ». Tu refuses de payer ; il remballe immédiatement la marchandise, n’essaie pas de te séduire mais doit te vouer à tous les diables dans sa langue et dans sa tête. Pourquoi se donnerait-il la peine de faire l’effort ? Si tu ne t’arrêtes pas, c’est qu’il est écrit que cela ne doit pas se faire. Le problème est que cette mentalité à cours dans toute profession ; A la banque, rien ne te sera précisé si tu ne le demandes pas expressément, au
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restaurant pas d’explications de la carte et même le total des deux additions nécessaires, nourriture et boissons, doit être fait par le client, à l’hôtel pas d’explication sur les taxes (nombreuses et différentes suivant les cas), sur l’éventuel petit déjeuner ou sur les services disponibles. Il faut tout découvrir soi-même, et en plus il faut faire soi-même le travail des employés : à la banque remplir complètement leurs bordereaux de change, quelquefois inscrire au dos de chaque traveller’s chèque, votre nom, adresse complète, numéro de passeport ; à l’hôtel, en plus de la fiche client, il faut aussi remplir leur livre d’arrivée et de départ, et tout est comme cela, c’est énervant et risible ; je croyais la France être la patrie de la paperasserie administrative, mais, ici, nous sommes battus et de très loin
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vendredi 11 juillet 2008

BANGKOK TAMBOUILLE ou LE JOURNAL DE ROUTE DE LA PASSION (Suite N° 3)

Lundi, 8 février 1999.

LE TEMPS DE L’ETONNEMENT

Nous attendions «le Choc », nous avons eu la surprise et l’étonnement !
Nous nous étions dit : « commençons par Calcutta, nous aurons le pire dès le départ, et le reste paraîtra plus supportable ». Quoi ? Ce que nous avons vu, devait-il être le pire et l’insupportable ? Ou bien nous sommes devenus aveugles, blindés de tout et
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indifférents à ce qui nous entoure ou alors l’Inde est en train de changer et n’a plus beaucoup à voir avec ce qui en avait été dit ou écrit.
Nous étions censés, à Calcutta, arriver en enfer, et qu’avons nous vu ? Une grande ville de province, avec de grandes et belles avenues, de la verdure, une foultitude affairée, mais assez organisée, des mendiants et des mutilés, mais moins que ce que nous pensions, moins d’agressivité pour obtenir une aumône, un pourboire ou pour réussir une vente que nous en attendions, après avoir été mis en garde par nos lectures et nos amis. Etions-nous trop sur nos gardes ? Avions-nous peur d’être pris en sandwich dans une marée humaine de mendiants, de lépreux et autres spécimens de la cour des miracles, qui nous auraient déchiré nos habits pour en emporter un bout, volé nos sacs, portefeuilles et papiers, appareils de photo et caméras, pour nous laisser nus dans une ruelle infâme, remplie d’immondices, de déjections, de vaches sacrées avec leurs bouses, de morts squelettiques dans les caniveaux ?
Peut-être que ? … Oui, c’est bien ce que nous attendions, et que nous n’avons, «jusqu’à maintenant » pas vécu, Dieu soit loué !
Calcutta, n’est évidemment pas une ville propre, dans le sens européen du terme, mais ce n’est pas une ville vraiment sale, asiatiquement parlant L’Inde est curieusement un pays, où tout ce qui par ailleurs nous parait à la limite du supportable, est ici naturel. Une rue peut être aussi propre sur une centaine de mètres qu’une rue Suisse, et devenir, sur les cent mètres suivants, une décharge à ordure, remplis de chiens errants, de mendiants, et de trous dans la chaussée aussi grands que des aquarium (ou bien dit-on «aquarii » ? Il faudra que je consulte Pivot !).
Inde étonnante ! Leurs voitures, si comiquement petites et de formes démodées, presque toutes pareilles, pour toutes classes sociales ainsi que pour les taxis, nous ramènent cinquante années en arrière. Leur manière de conduire, à toute vitesse, dans tous les sens, avec un mépris total du piéton et des autres conducteurs, en fait un jeu de stock-car, où le plus solide nerveusement et carrossièrement, en sort gagnant. Cabossé mais gagnant !
Inde étonnante ou, seule la nourriture indienne est très bonne, où les Hamburgers sont à base de mouton, où la bière ne se sert qu’en énormes bouteilles, alors qu’il existe des jours sans alcool, où les gens mangent avec les doigts de la main droite en dégueulassant complètement la table, où lorsque nous arrivons derrière eux à cette même table, le serveur nous demande si «vraiment » il faut la nettoyer, comme si cela n’allait pas de soi.
Inde étonnante ou, dans les trains, un quota de places est réservé aux touristes étrangers, mais ou dans les gares rien n’est fait pour faciliter la compréhension de leur système qui, à lui seul, est un véritable poème, où votre «prénom » et non votre nom est inscrit sur une feuille de papier à l’extérieur du wagon, et non à la porte de votre compartiment, où sur votre billet, il n’y a même pas de numéro de voiture et de place, alors que le train est d’une longueur incroyable. Il faut tout deviner, tout trouver soi-même, et s’y habituer.
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Je pourrais en faire une longue litanie de plusieurs pages comme cela, mais en définitif, je résume et je dis : j’aime l’Inde, j’aime Calcutta et je déteste en même temps, car je ne saisis pas tout, et cela me heurte.
Calcutta nous a plu à Marie et à moi, car ce n’était pas ce que nous attendions, et cela nous a rassurés ; peut-être que cela ne nous aurait pas plu, si nous avions été prévenus de ce que cette ville était en réalité.
Varanasi (Bénares), par contre, était bien ce que nous nous attendions à trouver ; un piège à touristes, avec une authenticité religieuse. Une foule bigarrée et hétéroclite, une folie de mouvements dans les rues, un bruit qui ne cesse jamais, une ambiance vraie, des rues que l’on croirait bombardées, des odeurs fortes d’épices et d’encens, de morts que l’on fait brûler, de bouses de vaches sacrées sur lesquelles il ne faut pas glisser, mais qui embaument l’atmosphère, de saleté, de poubelles, de sueurs, et de ferveurs.
Il faut avoir vu à six heures du matin, au lever du soleil, depuis une barque sur le Gange sacré et magnifique, tous ces «ghat » ou, religieusement et par un froid de canard, les Indiens viennent se recueillir, prier, se baigner, boire l’eau du fleuve et laver leur linge. C’est beau, c’est magnifique, c’est unique et c’est froid en hiver ! Que de bons moments nous avons passé là !

UN OUBLI

J'ai oublié de vous préciser que pour aller écouter la musique sur mon site il faut cliquer sur le titre avec "ALLEZ...", et vous y allez directement !!!

Avant de continuer mon histoire, allez...

Voila, j'ai déjà mis pas mal de choses à lire et j'aimerais avoir des commentaires, que cela plaise ou non; Car je ne sais pas si je dois continuer puisque personne ne m'a encore dit de le faire !!!
En attendant vous pourriez aller écouter la musique que je joue (c'est surtout du jazz) sur le lien que je viens de mettre et qui est mon site musical.
Je suis un peu anxieux, car j'ai tout de même écrit ce "BANGKOK TAMBOUILLE", pour en faire un livre et j'attends avec impatience qu'on me dise quelque chose à ce sujet.
Je vais rajouter un chapitre ce soir et on verra dans les prochains jours si il y a une réaction :-))
Bisous

mercredi 9 juillet 2008

BANGKOK TAMBOUILLE ou LE JOURNAL DE ROUTE DE LA PASSION (Suite N° 2)

Samedi, 30 janvier 1999

LE TEMPS DES INSATISFACTIONS ET DU BONHEUR.
Encore plus longtemps que la première fois ! Cette fois-ci, j’ai battu les records de flemme ! Quoi ! Depuis le 9, depuis 3 semaines, je n’ai plus rien écrit ? Que m’arrive-t-il ? Plus d’inspiration, plus de courage, déjà fini les beaux projets ?
C’est tout cela et rien de tout cela en même temps ; J’ai eu trop à faire … Incroyable, non ? Risible surtout quand on sait que je ne fais strictement rien, à part me laisser vivre. Mais, énorme tare, je le reconnais, je ne sais pas me laisser vivre. Pour moi, vivre, c’est en ajouter, en rajouter jusqu’à ce que ne sache plus comment m’en sortir.
Question de caractère, me direz vous ; oui, d’accord, mais quel drôle de caractère. Enfin, on ne peut guère se changer, et c’est mon excuse et ma consolation.
En fait, ces trois semaines, si je devais les résumer, je les appellerais le temps des insatisfactions et du bonheur.
Pourquoi ? Mais parce que le bonheur paisible réveille en vous le désir absolu de ne pas être importuné par les petits déboires de la vie quotidienne, de ne pas subir de contraintes indépendantes de votre volonté, de ne pas devoir faire absolument quelque chose dont vous n’avez pas envie, bref de supprimer autour de vous tout ce qui vous chiffonne, énerve, ennuie, déstabilise, déplaît. Et de ce côté la, j’ai été servi plutôt deux fois qu’une.
Cela a commencé par mon serveur d’Internet, GRIC, qui ne fonctionnait pas bien en Thaïlande, qui a fini, d’ailleurs, par ne plus fonctionner du tout. Puis, mon copieur et modificateur de photo dans l’ordinateur, qui d’une façon inconvenante, avait trouvé le moyen de disparaître définitivement. Puis mon téléphone portable qui ne fonctionnait plus, pour finir par mon serveur d’Internet en France que je ne pouvais plus joindre. Ajoutons, à cela, l’incapacité de Gugulf, en France, à m’envoyer correctement les papiers nécessaires à mes comptes, le bruit au Galare Guest House qui devenait infernal et raccourcissait dangereusement nos nuits, le laisser-aller dans ce merveilleux petit hôtel qui s’amplifiait d’année en année, et la baisse du «discount » qui m’était accordé.
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J’ai donc passé ces trois semaines, à téléphoner en France, à aller voir des spécialistes en informatique, à envoyer des messages et à faire des aller-retour au Cyber café ou Internet shop à votre choix, à râler, à me lamenter, à, une fois de plus, configurer, reconfigurer, déconfigurer mon ordinateur, me planter, me déplanter, me surplanter, et pour terminer, à déménager ! NON, pas de la tête, mais nous avons véritablement changé d’hôtel. Je croyais cela pratiquement impossible, parce que Marie et moi n’aimons pas ce genre de changement, lorsque nous avons pris nos petites habitudes, et que les choses se déroulent sans que nous ayons besoin d’y penser.
Nous avons eu entièrement raison, et jamais ne le regretterons. Mes haines et mes récriminations ont été transposées dans un cadre parfait, avec une superbe piscine, une salle de gym, une très grande et agréable chambre, belle salle de bain et bouffe quelconque. Bref, presque le paradis.
Et le couple, me demanderez vous, avec à propos ? Parfait, vous répondrais-je avec conviction. Lorsque dans un couple les tensions s’avivent, alors soit l’intérêt éprouvé l’un pour l’autre augmente, l’incertitude de l’avenir aidant, soit c’est une irritation qui apparaît et qui à la longue peut créer un antagonisme ou un désintérêt.
Pourquoi écrire cela, me demanderez-vous ? Pour rien, vous répondrais-je, car rien de tout cela n’est vrai entre Marie et moi. Bien sur, de temps à autre quelques irritations et quelques tensions apparaissent, mais ce ne sont encore que balbutiements dans le berceau de notre amour. Je crois qu’il n’y a jamais eu plus grande tendresse entre nous deux, plus grande compréhension l’un pour l’autre, mais aussi plus grande lucidité sur nos caractères réciproques. Il me semble que ma personnalité et mon caractère ont été mis complètement à nu par Marie, de même que, pour ma part, les méandres de ses pensées, et le labyrinthe compliqué du cheminement de sa logique me semblent de plus en plus à ma portée. Je ne crois pas que nous vivions, comme le disent les idéalistes, tous les deux, côte à côte regardant vers l’avenir, mais plutôt, vivant le présent les yeux dans les yeux, et la main dans la main. C’est beau, n’est-ce pas ?
Demain, nous partons pour Bangkok pour un court séjour afin de prendre nos marques et une grande bouffée de volonté et de motivation avant notre départ pour l’Inde le 3 février qui vient

mardi 8 juillet 2008

JOURNAL DE LA PASSION (Suite)

Samedi, 9 janvier 1999

LE TEMPS DE LA READAPTATION :
Curieux, tous ses neufs dans une date n’est-ce pas ? Est-ce le signe du diable à l’envers ou est-ce un présage ? Je n’en sais trop rien, mais peu importe, l’avenir nous le dira.
ChiangMai, Je suis sur la terrasse devant notre chambre du Galare Guest House, terrasse tout en tek, dont le parterre en tommettes d’un brun orangé est toujours lustré comme les parquets de mon enfance.
Si je ferme les yeux un instant, j’entends, dans l’ordre, les chants d’enfants d’une école pas trop éloignée, puis le gazouillis des oiseaux, les bruits estompés de la circulation sur le pont de la rivière Ping, bruits d’ailleurs multipliés de temps à autre, par le déchirement d’un moteur de tuk-tuk poussé dans ses retranchements par un chauffeur fou comme il s’en trouve pas mal dans le coin.
Mais si je continue à fermer les yeux un peu plus longuement, ce qui m’empêche d’ailleurs d’écrire, alors se font entendre, de plus en plus précis, les petits bruits de la vie quotidienne et besogneuse qui m’entoure. Le babillage des femmes de ménage, avec le son aigrelet et chantant de leur voix, un chien qui aboie à côté, et dont je me rends subitement compte qu’il le fait très souvent, une porte qui claque, une poule qui caquette, un gosse qui doit réclamer quelque chose en anglais à ses parents occupés à lire dans le jardin, un téléphone portable qui sonne car la civilisation n’est jamais bien loin, et maintenant au deuxième degré, quelque chose de plus subtil, de plus profond et de plus touchant ; le léger froissement provoqué par un vent diaphane dans les plantes qui m’entourent sur la terrasse et dans les arbres qui la bordent.
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Peut-être aussi en fermant les yeux ai-je pu sentir un instant monter à moi ces odeurs décidément indéchiffrables de l’Asie, odeurs d’épices certes, mais aussi odeurs d’autres choses que je ne saurai décrire mais que je ressens au plus profond de moi.
Parti dans mes pensées, je reviens sur terre brutalement pour m’apercevoir que je n’ai pas décrit ce que je vois. N’est-ce pas curieux de se dire que, souvent, ce sont les yeux fermés que l’on peut le mieux voir ce qui vous entoure. Aussi n’irai-je pas plus loin dans ma description, je vous laisse, vous aussi, imaginer !
Pourquoi n’ai-je rien écrit depuis le 29 décembre ? Difficile à dire, car j’avais beaucoup de chose à raconter (mon côté chroniqueur sportif), mais je n’avais pas envie de réécrire ce que déjà quotidiennement je relate dans mon agenda. Ce JOURNAL DE ROUTE ne sera pas un agenda de route, mais une ouverture de mon âme et de ma pensée à ce que je vais côtoyer, à ce que je vais découvrir avec mes cinq sens, avec ma sensibilité et mes émotions, à ce que je vais aimer ou détester, mais auquel je ne serai certainement pas indifférent.
Qu’avons-nous fait depuis ce fameux 29 décembre de notre départ ? Mais rien, voyons ! Absolument rien, que des faits quotidiens que nous aurions aussi bien pu avoir à la maison, sauf que bien entendu nous n’étions pas à la maison, et que dans ce cas la, les choses prennent d’autres dimensions. Chambre d’hôtels au lieu de sa propre chambre, restaurants au lieu de sa propre cuisine, taxis au lieu de sa propre voiture, étrangers autour de soi au lieu de ses amis, sa famille ou même ses voisins inconnus, et surtout jusqu’à maintenant des paysages que nous connaissons déjà aussi bien que ceux de Cannes.
Alors, pourquoi ne pas rester chez soi ? Je pense que, dans toute chose qui sort du train-train de la vie que nous menons dans le domaine délimité et marqué de notre chez-nous, il y a une aventure à plein temps, parce que nous ne savons pas ce qui nous attend au bout de la rue, et même si rien ne nous arrive, nous sommes sur le qui-vive et l’adrénaline n’est jamais bien loin.
Qu’avons-nous fait de ces presque deux semaines ? Nous installer au Siam City Hôtel de Bangkok, trouvé des restaurants pour nous restaurer, un coin pour réveillonner, défait et refait nos valises, en maugréant que nous emmenons toujours trop de choses, sélectionné les vêtements que nous laisserions à Bangkok, récupéré du décalage horaire, pris le train de nuit pour Chiangmai, toujours aussi confortable d’ailleurs, nous installer au Galare Guest House, loué une moto, eu des envies de changer d’hôtel pour voir comment c’est ailleurs, été à la salle de gym et dormi.
Beau programme, me direz vous, et le reste alors, et l’amour, et la joie de vivre ?
Mais la, il y a tout à en dire parce que c’est inépuisable. Pour moi l’amour, on pourra toujours en parler, parce qu’en amour chaque jour est différent. Il n’y a pas de train-train en amour, il y a de l’émoussement ou de la lassitude ; Il y a un changement constant des relations entre deux individus qui s’aiment, comme les vagues qui façonnent la plage et la plage qui les casse. Un jour je t’aime plus, un jour je t’aime moins, un jour plus de tendresse, un autre moins, peut-être moins belle aujourd’hui, mais certainement plus belle demain, jamais d’indifférence sinon l’amour a disparu.
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Je suis heureux, peut-être trop heureux, je ne l’ai en tout cas pas mérité, mais de ce côté-là je suis béni des Dieux. De toi, mon amour, je pourrais parler de longues heures, mais ce que j’ai de plus beau à dire est au fond de moi-même, et mon impudeur est incapable de l’en faire sortir. J’y reviendrai sûrement, car je ne laisserai pas ce sujet de côté.
L’heure du déjeuner approchant, la chaleur se faisant plus forte et Marie s’installant à mes côtés, adieu l’inspiration, les grandes envolées, le lyrisme, la philosophie et l’inspiration, et bonjour la joie de vivre !

lundi 7 juillet 2008

BANGKOK TAMBOUILLE ou le début d'une épopée

J'avais essayé de commencer en 2004 à écrire sur une belle et difficile aventure qui nous est arrivée à ma femme et à moi entre 1999 et 2004. Le nom de l'écrivain "Gielle" est tiré de mes initiales JL pour Jacques Lautier. Cela faisait suite à un "journal de route et de la passion" écrit lors d'un voyage en 1998.
Je vais commencé à le publier petit à petit sur mon Blog et je vous en livre maintenant le début:

BANGKOK TAMBOUILLE
par Jacques Gielle

PREFACE

Mercredi 25 août 2004
Ce matin, en me réveillant, la première pensée qui m’a trotté dans l’esprit a été « Je ne peux pas laisser le temps et la vie s’écouler comme cela sans réagir, je ne peux pas attendre que quelque chose se passe pour entreprendre, je n’ai pas le droit de me laisser ballotter par le temps comme cela indéfiniment ».
Puis je suis retombé dans ma léthargie…
Mardi 2 novembre 2004
Ce soir, brutalement, j’ai repensé à ce projet de livre, mais je sens qu’il me faudrait un synopsis, une trame, un lien entre toutes les étapes de ma pensée et le fil de mes souvenirs. Cela me semble irréalisable car c’est à la fois tellement compliqué et banalement simple.
Tout d’abord, comme tout bouquin sérieux, j’aurais eu besoin, avant de débuter, d’une citation qui en jette pour que mon futur lecteur soit pris de l’envie inextinguible de continuer la lecture de ce monument littéraire ; ensuite il m’aurait fallu une jolie préface d’une personnalité connue dans le monde littéraire, le show business, ou, pourquoi pas, vu le titre du livre, dans le monde de la gastronomie.
Mais, bon, n’ayant trouvé personne à qui m’adresser pour la préface, j’ai abandonné préalablement de futures infructueuses recherches, mis en préface tout ce que je viens d’écrire, et me suis décidé, à contre cœur, d’ajouter en prologue une petite chose écrite juste avant les faits qui ont inspiré cet ouvrage. Ceci afin de vous faire sentir, chers lecteurs arrivés sans indigestion jusqu’à cette ligne, combien profonde est ma pensée, comme est incisif mon jugement, perçant mon talent d’observation, cynique mon humour et légère ma plume.
Sérieusement, « le journal de route de la passion » est le véritable prologue à l’aventure réelle ou presque que je décris dans mon livre et est destiné à vous mettre dans l’ambiance des passionnantes aventures qui suivront.
Quant à la citation, j’essaierai de la trouver avant le premier chapitre !
PROLOGUE
JOURNAL DE ROUTE DE LA PASSION
Mardi, 29 décembre 1998

LE TEMPS DU VOYAGE

Qu’importe si je suis abruti, si il est onze heures et quart, il est quatre heures et quart, il est cinq heures et quart. je n’ai dormi que deux heures et demie, mais la bouche asséchée par l’air de la cabine, les yeux légèrement brûlants, les jambes, les bras et le dos ankylosés, je me sens comme dans un rêve et je ne réalise plus, au premier abord, ni à quel moment de la journée je vis, ni sur quelle heure je dois me concentrer.
Bientôt, je suis bien forcé, après un coup d’œil à ma gauche, pour voir si Marie est bien lasse et là, encore endormie, de réaliser que c’est le grand départ, qui nous emmène vers de lointains pays, d’autres horizons, et vers l’ultime année de ce siècle.
Il faut bien dire que les derniers jours précédents le départ ont été un enfer pour moi ; impossible de me concentrer, de mettre dans ma tête que le départ s’approchait, de m’organiser, bref une vraie pagaille mentale me représentant mes préparatifs comme de vrais travaux d’Hercule, alors que vraisemblablement il n’en était rien
Et hier ce fut encore pire, et le manque d’inspiration, de motivation était si fort, que j’aurai facilement abandonné, pour rester dans notre petit monde douillet, sans avoir d’autre chose à penser que paresser.
Ce n’est pas que le voyage me déplût ; Non, loin de moi cette pensée ; Bien au contraire, il me stimulait au plus profond de moi-même, mais vraisemblablement une stimulation trop enfouie pour avoir des répercussions sur mon conscient et mes agissements. Je n’étais qu’une masse cotonneuse et tout effort me paraissait irréalisable. Enfin les faits étaient présents et je me retrouvais lundi soir devant un mur qu’il me fallait franchir.
Oh ! Divine surprise, les choses enclenchées, tout me parut plus facile, seul le temps devait me manquer pour achever avant le départ tout ce que je m’étais promis de faire : pêle-mêle les bagages, mes comptes de fin d’année, le dossier des en-cours pour Vivi qui restait à Cannes, une simulation de ma déclaration d’impôts, régler mes affaires avec la sécu, signer tous ces chèques de voyage, écrire les lettres que je devais écrire, ranger mon ordinateur et n’en oublier aucune partie, et j’en passe et pas des plus mauvaises. Enfin quant à quatre heures du matin, j’estimais le gros du travail terminé, ce fut vraiment un merveilleux mais court sommeil qui s’empara de moi ; et j’y sombrais avec délices…
Lorsque à six heures quarante cinq, ce fameux réveil se mit à sonner, ce fût un branle-bas de combat. Comment ? Je ne serai pas prêt à l’heure ? Mais voyons vous plaisantez ! Enfin ce fût très juste, en tout cas pour moi, car Marie trônait déjà depuis quarante-huit heures sur ses bagages terminés, avec tout le temps possible devant elle pour vaquer à ses occupations frivoles comme laver le linge, écouter la télé ou faire la cuisine.
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Ah ! Elle ne se rend pas compte de la vie difficile que je mène entre Internet, les courses et la salle de gym. ! Je suis en train de perdre le fil de mes pensées, je vais donc essayer de revenir à mes moutons.
Le vol Nice-Londres s’est bien passé, nous nous sommes retrouvés dans ce hideux aéroport d’Heathrow pour huit heures et demie d’attente. Rien dans cet aéroport n’incite à y rester plus de cinq minutes et c’est là où ma petite Marie a eu l’idée de génie de proposer de nous prendre une chambre d’hôtel pour quelques heures, et c’est bien exactement ce qu’il nous fallait, pour nous reposer et voir le temps passer plus rapidement.
En avance pour enregistrer au comptoir Eva-Air, nous avons donc eu tout notre temps pour diner au «garfunkel’s », nous promener et nous installer confortablement dans l’avion. Un dîner dégueulasse, un film pas trop mauvais, un peu de lecture et le fameux sommeil à dix mille mètres d’altitude, dont je viens juste de me réveiller au début de mon récit. La boucle sera bouclée le 30 décembre à 12h40, heure de Bangkok, 6h40 à l’heure de Cannes et 5h40, heure de Londres.
Il faudra vraiment que pour la suite de cette chronique, je fasse moins romancier que chroniqueur sportif, car les exploits de la famille Gielle-Piochant vont certainement être craquants ! Pour l’instant, encore trois heures et un quart de vol avant Bangkok, et cela devient vraiment très long.

dimanche 6 juillet 2008

Passion de la Musique et des Voyages

Je commence ce soir ce blog, mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y faire; Aussi en attendant ma profonde réflexion, qui doit venir dans les prochains jours, allez écouter un peu de "MA Musique" sur You Tube:
http://fr.youtube.com/user/musipass