mercredi 9 juillet 2008

BANGKOK TAMBOUILLE ou LE JOURNAL DE ROUTE DE LA PASSION (Suite N° 2)

Samedi, 30 janvier 1999

LE TEMPS DES INSATISFACTIONS ET DU BONHEUR.
Encore plus longtemps que la première fois ! Cette fois-ci, j’ai battu les records de flemme ! Quoi ! Depuis le 9, depuis 3 semaines, je n’ai plus rien écrit ? Que m’arrive-t-il ? Plus d’inspiration, plus de courage, déjà fini les beaux projets ?
C’est tout cela et rien de tout cela en même temps ; J’ai eu trop à faire … Incroyable, non ? Risible surtout quand on sait que je ne fais strictement rien, à part me laisser vivre. Mais, énorme tare, je le reconnais, je ne sais pas me laisser vivre. Pour moi, vivre, c’est en ajouter, en rajouter jusqu’à ce que ne sache plus comment m’en sortir.
Question de caractère, me direz vous ; oui, d’accord, mais quel drôle de caractère. Enfin, on ne peut guère se changer, et c’est mon excuse et ma consolation.
En fait, ces trois semaines, si je devais les résumer, je les appellerais le temps des insatisfactions et du bonheur.
Pourquoi ? Mais parce que le bonheur paisible réveille en vous le désir absolu de ne pas être importuné par les petits déboires de la vie quotidienne, de ne pas subir de contraintes indépendantes de votre volonté, de ne pas devoir faire absolument quelque chose dont vous n’avez pas envie, bref de supprimer autour de vous tout ce qui vous chiffonne, énerve, ennuie, déstabilise, déplaît. Et de ce côté la, j’ai été servi plutôt deux fois qu’une.
Cela a commencé par mon serveur d’Internet, GRIC, qui ne fonctionnait pas bien en Thaïlande, qui a fini, d’ailleurs, par ne plus fonctionner du tout. Puis, mon copieur et modificateur de photo dans l’ordinateur, qui d’une façon inconvenante, avait trouvé le moyen de disparaître définitivement. Puis mon téléphone portable qui ne fonctionnait plus, pour finir par mon serveur d’Internet en France que je ne pouvais plus joindre. Ajoutons, à cela, l’incapacité de Gugulf, en France, à m’envoyer correctement les papiers nécessaires à mes comptes, le bruit au Galare Guest House qui devenait infernal et raccourcissait dangereusement nos nuits, le laisser-aller dans ce merveilleux petit hôtel qui s’amplifiait d’année en année, et la baisse du «discount » qui m’était accordé.
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J’ai donc passé ces trois semaines, à téléphoner en France, à aller voir des spécialistes en informatique, à envoyer des messages et à faire des aller-retour au Cyber café ou Internet shop à votre choix, à râler, à me lamenter, à, une fois de plus, configurer, reconfigurer, déconfigurer mon ordinateur, me planter, me déplanter, me surplanter, et pour terminer, à déménager ! NON, pas de la tête, mais nous avons véritablement changé d’hôtel. Je croyais cela pratiquement impossible, parce que Marie et moi n’aimons pas ce genre de changement, lorsque nous avons pris nos petites habitudes, et que les choses se déroulent sans que nous ayons besoin d’y penser.
Nous avons eu entièrement raison, et jamais ne le regretterons. Mes haines et mes récriminations ont été transposées dans un cadre parfait, avec une superbe piscine, une salle de gym, une très grande et agréable chambre, belle salle de bain et bouffe quelconque. Bref, presque le paradis.
Et le couple, me demanderez vous, avec à propos ? Parfait, vous répondrais-je avec conviction. Lorsque dans un couple les tensions s’avivent, alors soit l’intérêt éprouvé l’un pour l’autre augmente, l’incertitude de l’avenir aidant, soit c’est une irritation qui apparaît et qui à la longue peut créer un antagonisme ou un désintérêt.
Pourquoi écrire cela, me demanderez-vous ? Pour rien, vous répondrais-je, car rien de tout cela n’est vrai entre Marie et moi. Bien sur, de temps à autre quelques irritations et quelques tensions apparaissent, mais ce ne sont encore que balbutiements dans le berceau de notre amour. Je crois qu’il n’y a jamais eu plus grande tendresse entre nous deux, plus grande compréhension l’un pour l’autre, mais aussi plus grande lucidité sur nos caractères réciproques. Il me semble que ma personnalité et mon caractère ont été mis complètement à nu par Marie, de même que, pour ma part, les méandres de ses pensées, et le labyrinthe compliqué du cheminement de sa logique me semblent de plus en plus à ma portée. Je ne crois pas que nous vivions, comme le disent les idéalistes, tous les deux, côte à côte regardant vers l’avenir, mais plutôt, vivant le présent les yeux dans les yeux, et la main dans la main. C’est beau, n’est-ce pas ?
Demain, nous partons pour Bangkok pour un court séjour afin de prendre nos marques et une grande bouffée de volonté et de motivation avant notre départ pour l’Inde le 3 février qui vient

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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